Autour de Cusco, des dizaines de communautés quechuas reçoivent des visiteurs, et la différence entre une visite mémorable et une visite gênante tient presque toujours à son organisation.
Ce guide explique quelles communautés se visitent habituellement, ce que l’on y fait et comment distinguer le tourisme communautaire réel de la mise en scène.
Qu’est-ce qu’une communauté paysanne
Ce n’est pas un village ordinaire : c’est une entité reconnue légalement, avec des terres communales, ses propres autorités et des décisions prises en assemblée.
Beaucoup conservent le quechua comme langue principale, le travail collectif de l’ayni et un calendrier lié aux semis et aux récoltes.
Elles vivent surtout de l’agriculture d’altitude et de l’élevage d’alpagas et de moutons ; le tourisme est un revenu complémentaire, pas unique.

Les communautés les plus visitées
Chinchero, à une trentaine de kilomètres de Cusco, est la plus accessible et la plus connue pour ses centres textiles, où l’on explique tout le processus du tissage.
Amaru, au-dessus de Pisac, travaille le textile et la culture de pommes de terre indigènes, avec des projets de tourisme communautaire bien établis.
Willoq et Patacancha, au-dessus d’Ollantaytambo, conservent un vêtement rouge très caractéristique et constituent une étape fréquente du trek de Lares.
Huilloc et Huayllabamba sont liées au Chemin de l’Inca et fournissent une bonne part des porteurs.
Et le trek de Lares traverse Cuncani, Quishuarani et Huacahuasi, les moins préparées au tourisme et donc les plus authentiques.

Ce que l’on fait lors d’une visite
L’usage veut une démonstration de tissage : du lavage de la toison à la racine de saqta jusqu’à la teinture à la cochenille et au travail au métier à ceinture.
Dans certaines, on participe aux travaux agricoles selon la saison, on apprend à cuisiner au four de terre ou l’on partage un repas avec la famille hôte.
Il existe aussi des séjours d’une ou plusieurs nuits chez l’habitant, formule où les retombées se répartissent le mieux.
Et dans plusieurs communautés, on peut assister à un paiement à la terre si le calendrier coïncide, même si ce n’est pas toujours ouvert aux visiteurs.

Reconnaître l’authentique et bien se comporter
Bon signe : la communauté organise et encaisse directement, les groupes sont petits et il n’y a pas un script identique répété toutes les demi-heures.
Mauvais signe : des arrêts de quinze minutes avec photo et vente express, ou des personnes en tenue traditionnelle uniquement pour la photo contre pourboire.
Demandez à l’agence quelle part reste dans la communauté. Une réponse claire est déjà un indicateur.
Demandez avant de photographier, surtout les enfants, et ne distribuez ni bonbons ni argent : pour donner, apportez des fruits ou des fournitures scolaires et remettez-les à l’école ou aux adultes.
Achetez directement ce qui est tissé sur place : c’est le moyen le plus efficace pour que la visite ait des retombées.
Et prévoyez du temps. Ces visites fonctionnent quand il y a de la conversation, pas quand on les glisse entre deux arrêts d’un itinéraire.
