Le Pérou compte parmi les pays les plus riches en biodiversité de la planète, et la raison est géographique : en quelques centaines de kilomètres, on passe du désert côtier aux Andes puis à l’Amazonie.
Ce dénivelé crée des dizaines de microclimats, chacun abritant des espèces absentes ailleurs.
Ce guide parcourt les trois grandes régions, leurs espèces caractéristiques et les endroits où les observer.
L’Amazonie : là où tout se concentre
La forêt occupe environ soixante pour cent du territoire péruvien et concentre l’essentiel de la diversité du pays.
Le Pérou figure parmi les premiers pays du monde pour le nombre d’espèces d’oiseaux, avec plus de mille huit cents recensées, et pour les papillons.
À Manu et Tambopata, on peut voir des aras sur les falaises d’argile, des singes, des caïmans, des capybaras et, avec beaucoup de chance, des jaguars ou des loutres géantes.
La flore comprend des arbres géants comme le lupuna et l’acajou, ainsi que des milliers d’espèces d’orchidées et de plantes médicinales.
Un chiffre qui donne la mesure : un seul hectare de cette forêt peut compter plus d’espèces d’arbres que toute l’Europe.

Les Andes : l’adaptation à l’altitude
Au-dessus de 3 000 mètres, la vie s’adapte au froid, au rayonnement et au manque d’oxygène, ce qui produit des espèces uniques.
Les camélidés en sont l’emblème : lama et alpaga domestiqués, vigogne et guanaco sauvages. La fibre de vigogne est la plus fine du monde.
Le condor des Andes, près de trois mètres d’envergure, est le plus grand oiseau volant et survole des canyons comme celui de Colca.
L’ours à lunettes, seul ours d’Amérique du Sud, habite les forêts de nuages du versant oriental, y compris le sanctuaire du Machu Picchu.
Côté végétal, on retiendra le queñua, l’arbre qui pousse le plus haut au monde, et la puya de Raimondi, qui ne fleurit qu’une fois après des décennies.
Et sur les lagunes d’altitude apparaissent flamants, oies andines et viscaches entre les rochers.

La côte et la mer : le désert le plus productif
La côte péruvienne est désertique, mais sa mer figure parmi les plus riches du monde grâce au courant de Humboldt, qui apporte une eau froide chargée de nutriments.
Cela nourrit d’immenses colonies d’otaries, de manchots de Humboldt, de pélicans et de fous, visibles aux îles Ballestas et à Paracas.
Sur la côte nord subsistent en outre des forêts sèches de caroubiers, avec des espèces adaptées à la sécheresse extrême.
Où les observer et avec quelles attentes
Pour les oiseaux et la faune amazonienne, les parcs de Manu et Tambopata sont les destinations sérieuses, avec lodges et guides spécialisés.
Pour les camélidés et les condors, l’altiplano et les canyons du sud ; pour l’ours à lunettes, les forêts de nuages de Cusco.
Mieux vaut des attentes réalistes : la faune sauvage ne se garantit pas, et les meilleures observations exigent de se lever tôt et de garder le silence.
Un guide local change tout : il voit et entend ce que le visiteur ne perçoit pas.
