Il n’y a pas une seule bonne réponse, mais il y en a une mauvaise : croire que le Pérou se visite en un long week-end. Les distances sont grandes, l’altitude est bien réelle, et à elles deux elles décident de ce que vous pourrez vraiment faire.

Voici trois itinéraires qui fonctionnent, avec le raisonnement derrière chacun. Choisissez celui qui correspond aux jours dont vous disposez, pas à votre ambition.

Ce qui dévore vraiment vos journées

L’altitude

Cusco est à 3 400 mètres. Arriver du niveau de la mer et enchaîner directement, c’est ainsi qu’on perd une journée avec un mal de tête au lieu d’en gagner une.

Prévoyez deux nuits à Cusco avant toute activité exigeante. Ce n’est pas du temps perdu : c’est ce qui rend le reste possible, et avant un trek cela ne se négocie pas.

Les distances

Le Pérou fait environ deux fois la taille de la France. De Lima à Cusco, une heure et demie en avion et plus de vingt heures par la route. De Cusco à l’Amazonie, un autre vol ou une longue route.

Chaque région ajoutée coûte presque une journée de trajet à chaque bout. Trois régions en dix jours, cela fait trois jours de déplacement.

7 jours : Cusco et le Machu Picchu, correctement

C’est le voyage le plus court qui ne soit pas précipité, et la plus grande erreur est de vouloir le raccourcir encore.

Jours un et deux : arriver à Cusco, s’acclimater, parcourir le centre lentement, San Blas, le Qorikancha. Rien d’exigeant.

Jour trois : la Vallée sacrée. Pisac ou Ollantaytambo, plus bas que Cusco, ce qui aide aussi à s’adapter.

Jour quatre : train pour Aguas Calientes et le Machu Picchu, l’après-midi même ou le lendemain matin.

Jours cinq à sept : retour à Cusco, une journée pour la Montagne aux Sept Couleurs ou les Sept Lagunes si vous vous sentez en forme, et une journée de marge avant le vol.

Ce qui ne tient pas : aucun trek de plusieurs jours, ni l’Amazonie, ni le Titicaca, ni Arequipa. Vouloir les ajouter transforme une bonne semaine en semaine épuisante.

10 jours : ajoutez un trek

Dix jours, c’est le premier seuil où un trek de plusieurs jours cesse d’être imprudent.

Jours un et deux : Cusco, acclimatation. Jour trois : Vallée sacrée, toujours en adaptation.

Jours quatre à sept : le trek. Le Chemin de l’Inca classique dure quatre jours et se termine au Machu Picchu. Lares dure quatre jours et finit par le train. Le Chemin court se fait en deux jours si vous êtes serré.

Jours huit à dix : récupération à Cusco, une journée de réserve si la météo tourne, et le vol retour.

Cette journée de réserve compte plus qu’on ne le croit. Les cols ferment, les trains ont du retard, et un programme sans marge devient un problème dès que quelque chose bouge.

14 jours : ajoutez une seconde région

Deux semaines permettent de garder le trek et d’ajouter une région de plus. Une, pas deux.

Le bloc de Cusco reste identique : acclimatation, Vallée sacrée, trek, Machu Picchu, récupération. Cela fait dix jours.

Ensuite, choisissez. L’Amazonie par Puerto Maldonado ou le Manu, c’est trois à quatre jours et un changement complet de climat. Le Titicaca et Puno, trois jours en restant en altitude. Arequipa et le canyon de Colca, trois à quatre jours en redescendant à 2 300 mètres confortables.

Si c’est votre premier séjour au Pérou et que vous avez déjà marché, l’Amazonie offre le plus grand contraste. Si vous voulez encore de la montagne, le Colca.

Et Lima ?

Lima est votre point d’arrivée et mérite une journée plutôt qu’aucune. Barranco, le musée Larco et la cuisine valent un après-midi et une soirée.

Mais ne bâtissez pas le voyage autour. Si les jours manquent, servez-vous de Lima comme correspondance et passez le temps dans les Andes.

L’erreur que presque tout le monde commet

Trop charger. Un programme de quatorze jours avec Cusco, le Machu Picchu, un trek, l’Amazonie, le Titicaca et Arequipa existe sur beaucoup de tableurs et ne fonctionne sur aucun.

Chaque région ajoutée coûte des jours de trajet, et chaque changement d’altitude coûte de la récupération. Les voyages dont on garde un bon souvenir ont une région de moins que prévu et une journée de marge de plus qu’on ne le pensait.

Si vous ne retenez qu’une chose : protégez les deux jours d’acclimatation du début et la journée de réserve de la fin. Tout le reste est négociable.