Le Lares Trek traverse l’un des coins les plus habités des Andes péruviennes. Pas par des touristes, mais par des familles quechuas qui élèvent toujours des alpagas, tissent avec des teintures naturelles et vivent à des altitudes où la plupart des visiteurs dorment mal.

C’est la vraie différence avec le Chemin de l’Inca classique. Lares n’est pas un trek archéologique : c’est une marche à travers des hauts plateaux en pleine activité, qui se termine au Machu Picchu.

Ce guide couvre l’ensemble : l’itinéraire et ses variantes, la difficulté réelle, quand partir, quoi emporter, à quoi ressemblent les campements et comment s’enchaînent les journées. Révisé en août 2026.

Marcher sur les hauts plateaux andins : l’itinéraire du Lares Trek

Le trek tire son nom du village de Lares, à environ trois heures de route au nord de Cusco, situé vers 3 250 mètres et connu pour ses bains thermaux.

De là, le sentier monte vers un paysage de pâturages d’altitude, de lacs glaciaires et d’enclos de pierre, avec les sommets enneigés de la cordillère Urubamba à l’horizon pendant presque toute la marche.

La plupart des itinéraires franchissent un ou deux cols au-dessus de 4 200 mètres. Le point culminant des variantes courantes se situe entre 4 400 et 4 600 mètres environ, selon l’itinéraire retenu par l’agence.

La marche s’achève dans la Vallée sacrée, en général à Ollantaytambo ou Patacancha, d’où le train conduit à Aguas Calientes pour la visite du Machu Picchu.

La distance totale se situe normalement entre 25 et 35 kilomètres répartis sur trois jours, ce qui paraît modeste jusqu’à ce que l’on ajoute le facteur altitude.

Contrairement au Chemin de l’Inca, la route de Lares n’exige aucun permis de trek et n’a pas de quota journalier : elle peut donc se réserver à court terme. Le billet du Machu Picchu, lui, doit être acheté longtemps à l’avance.

Pourquoi choisir le Lares Trek plutôt que le Chemin de l’Inca

La raison la plus pratique est la disponibilité. Les permis du Chemin de l’Inca sont plafonnés et partent des mois à l’avance ; Lares ne fonctionne pas ainsi.

La deuxième est la solitude. La plupart des jours, vous croiserez plus de bergers que de randonneurs, ce qui est rarement le cas sur l’itinéraire classique.

La troisième est la dimension culturelle. Le sentier passe à l’intérieur de communautés comme Cuncani, Quishuarani, Huacahuasi et Patacancha, au lieu de les contourner.

Vous verrez aussi plus de troupeaux que de ruines : lamas et alpagas tout du long et, avec de la chance, des viscaches dans les rochers ou un renard andin à l’aube.

Ce que l’on perd, c’est l’archéologie. Aucun site inca majeur sur le parcours et pas d’arrivée par la Porte du Soleil : si entrer au Machu Picchu par l’Intipunku est le but du voyage, la réponse honnête reste le Chemin de l’Inca.

Itinéraires et variantes : quelle version de Lares choisir

Il n’existe pas un seul Lares Trek. Les agences proposent plusieurs variantes qui partagent la même vallée mais diffèrent par le point de départ, le nombre de cols et l’arrivée.

La version de quatre jours est la plus courante : trois journées de marche et une quatrième au Machu Picchu. Elle part en général près de Lares et se termine à Patacancha ou Ollantaytambo.

Les versions de trois jours suppriment un campement et sont plus exigeantes par journée, avec des étapes plus longues et moins de marge d’acclimatation.

Il existe aussi une option combinée qui relie Lares au Chemin de l’Inca court de deux jours : vous avez alors les communautés d’altitude et l’arrivée par la Porte du Soleil.

En comparant les devis, vérifiez trois points : combien de cols au-dessus de 4 000 mètres sont inclus, où la marche se termine réellement, et si le billet du Machu Picchu et le train sont compris.

A group of pack llamas resting on a mountain ridge overlooking turquoise lagoons in the Lares Valley.

Difficulté du Lares Trek : altitude, terrain et étapes

La difficulté du Lares Trek n’est pas technique. Ni escalade, ni exposition, ni matériel au-delà de bonnes chaussures. Le problème, c’est l’altitude.

On passe presque tout le trek entre 3 500 et 4 500 mètres, et c’est aux cols que les gens souffrent. La respiration se raccourcit, le rythme chute et les maux de tête sont fréquents.

On marche cinq à sept heures par jour, avec une longue montée et une longue descente. Les descentes usent souvent plus les genoux que les montées les poumons.

La meilleure préparation n’est pas la condition physique mais l’acclimatation : deux ou trois nuits à Cusco ou dans la Vallée sacrée avant le départ font une différence mesurable.

Entraînez-vous en dénivelé plutôt qu’en distance à plat et, si possible, marchez avec le sac que vous porterez.

Apprenez à reconnaître le mal aigu des montagnes : mal de tête persistant, nausées, vertiges et essoufflement au repos. Des symptômes légers sont normaux, mais ce qui empire au repos impose de descendre, pas de continuer.

Les bâtons valent la place qu’ils prennent : ils soulagent les genoux dans les longues descentes et aident sur terrain meuble après la pluie.

Quelle est la meilleure période pour le Lares Trek

La saison sèche va grosso modo de mai à septembre et reste la fenêtre la plus fiable : matinées dégagées, sol ferme et meilleures vues sur la montagne.

La contrepartie, c’est le froid. Aux campements élevés, les températures nocturnes passent régulièrement sous zéro en juin et juillet, précisément quand le ciel est le plus pur.

La saison des pluies s’étend de novembre à mars. Le sentier devient boueux, la pluie d’après-midi est probable et les nuages masquent souvent les sommets, mais la vallée est au plus vert et il y a bien moins de monde.

Avril et octobre sont les mois de transition et offrent souvent le meilleur compromis : temps assez stable, températures plus douces et prix plus bas.

Quelle que soit la saison, comptez sur les quatre en une seule journée. Soleil à midi et gel la nuit, c’est la norme à cette altitude.

Que emporter et à quoi ressemblent vraiment les campements

Sur un trek organisé, porteurs ou bêtes de bât transportent le campement et un sac avec votre équipement principal. Vous marchez avec un sac à dos de journée : eau, couches, protection solaire et appareil photo.

Le système de couches compte plus que n’importe quel vêtement isolé : une couche de base, une polaire, une veste coupe-vent imperméable et de quoi se couvrir le soir.

Prenez un sac de couchage confort à au moins moins dix degrés, ou louez-en un correctement classé. C’est l’erreur la plus fréquente.

La protection solaire n’est pas optionnelle à cette altitude : crème à indice élevé, stick à lèvres, lunettes et chapeau à bord. L’indice UV est sévère même quand l’air est froid.

Autres essentiels : gourde réutilisable, lampe frontale, trousse de secours, pansements anti-ampoules, médicaments personnels et petites coupures en soles pour acheter des tissages directement aux tisserandes.

Les campements sont simples. Les tentes sont montées près des communautés, les repas sont préparés sur place par le cuisinier du groupe et les toilettes sont portables ou sommaires. Ni électricité ni réseau sur presque tout le parcours.

L’eau vient des ruisseaux et l’équipe la fait bouillir ou la traite. Emportez votre gourde plutôt que du plastique et redescendez tous vos déchets.

A series of beautiful waterfalls cascading down a rocky mountain face in the Peruvian highlands.

Rencontres culturelles : les communautés andines du parcours

Les villages de la vallée de Lares ne sont pas organisés pour recevoir des visiteurs. Les gens travaillent : ils gardent les troupeaux, tissent, arrachent des pommes de terre, portent l’eau. Et c’est justement ce qui donne sa valeur à la traversée.

Le quechua est la première langue et l’espagnol souvent la seconde : un guide quechuaphone change la qualité de chaque rencontre.

Le tissage est le métier visible. Les motifs identifient chaque communauté et les teintures viennent de plantes, de minéraux et de cochenille, pas d’un flacon.

Acheter une pièce directement à celle qui l’a tissée est la chose la plus utile qu’un marcheur puisse faire ici, et cela coûte moins cher que la même pièce dans une boutique de Cusco.

La pomme de terre est la base de l’alimentation, avec des dizaines de variétés locales, aux côtés du quinoa, du maïs et du chuño.

La Pachamama est traitée comme une présence active, non comme une métaphore. Les offrandes avant un voyage ou une récolte relèvent de la routine, pas du folklore.

Deux règles de courtoisie : demander avant de photographier quelqu’un, et apporter des fruits, du pain ou des fournitures scolaires plutôt que des bonbons ou de l’argent.

Ce qu’il ne faut pas manquer

Les bains thermaux de Lares, tout au début, sont une véritable source chaude et une bonne façon de délier le corps avant la première montée.

Les lacs turquoise sous les cols sont le sommet visuel du trek, surtout à la première lumière, avant que le vent ne se lève.

Franchir le col le plus haut est le moment dont presque tout le monde se souvient, autant pour l’effort que pour la vue en arrière sur la vallée.

Les villages de tisserandes, où l’on suit tout le processus de la toison brute au tissu fini, en sont le sommet culturel.

Et la descente vers la Vallée sacrée, où le paysage passe de la puna nue aux terrasses cultivées en quelques heures, referme bien la marche.

Nature de la vallée de Lares : au-delà des hauts plateaux

La vallée de Lares s’étend sous la cordillère Urubamba, et ses glaciers alimentent tout ce qui se trouve en contrebas : les lacs, les ruisseaux et les pâturages dont dépendent les troupeaux.

Les lacs d’altitude sont le paysage caractéristique. Leur couleur passe du gris acier au turquoise profond selon la lumière et la charge minérale de l’eau de fonte.

Au-dessus de 4 000 mètres, la végétation se réduit à l’ichu et aux plantes en coussin, avec des bosquets de queñua survivant dans les replis abrités.

L’avifaune est meilleure que ne l’imaginent la plupart des marcheurs : oies andines sur les lacs, caracaras au-dessus des pâturages et, avec de la chance, un condor porté par les ascendances.

Plus bas, le sentier approche la lisière de la forêt de nuages, où apparaissent orchidées et broméliacées et où l’air devient soudain plus dense.

La vallée est habitée et non protégée : le paysage que vous traversez est un paysage de travail, façonné par des siècles de pâturage et de terrasses.

Comment planifier l’itinéraire jour par jour

Un programme type de quatre jours ressemble à ceci : transfert de Cusco à Lares avec arrêt aux thermes, puis marche jusqu’au premier campement au bord d’un lac.

Le deuxième jour est le plus dur : le col principal, puis une longue descente vers un campement dans une communauté, avec démonstration de tissage l’après-midi.

Le troisième est plus court : la marche s’achève dans la Vallée sacrée et l’on poursuit en train jusqu’à Aguas Calientes, où l’on dort à l’hôtel et non sous tente.

Le quatrième jour est consacré au Machu Picchu : bus tôt le matin, visite guidée et train de retour vers Ollantaytambo et Cusco.

Prévoyez au moins deux nuits à Cusco avant le premier jour. C’est la mesure la plus efficace pour que le trek se passe bien.

Achetez le billet du Machu Picchu et, le cas échéant, celui du Huayna Picchu le plus tôt possible : contrairement au trek, ces quotas s’épuisent.

Questions fréquentes sur le Lares Trek

Faut-il un permis ? Non. Le Lares Trek n’exige aucun permis de trek et n’a pas de quota journalier, d’où la possibilité de l’organiser à court terme. Le billet du Machu Picchu est distinct et doit être réservé à l’avance.

Quelle condition physique faut-il ? Une personne qui marche régulièrement et supporte l’altitude s’en sort sans peine. Le facteur limitant est l’acclimatation, pas la vitesse.

À quelle altitude monte-t-on ? Entre 4 400 et 4 600 mètres environ au col le plus haut, selon la variante. Confirmez le chiffre exact avec votre agence.

Est-ce adapté aux enfants ou aux marcheurs plus âgés ? Oui, avec un rythme adapté et un cheval de secours. Des familles le font, surtout en version trois jours.

Dort-on sous tente toutes les nuits ? Non. La dernière nuit se passe normalement à l’hôtel à Aguas Calientes, avant la visite du Machu Picchu.

Y a-t-il du réseau ? Très irrégulier, et inexistant sur la majeure partie du parcours. Prévenez vos proches avant de partir.

Peut-on le combiner avec le Chemin de l’Inca ? Oui. Un itinéraire combiné relie Lares au Chemin de l’Inca court de deux jours pour arriver aussi par la Porte du Soleil.

Local Andean women in colorful traditional clothing weaving textiles by a stone wall on the Lares Trek route.