À quelques rues de la Plaza de Armas, le marché de San Pedro est l’endroit où Cusco fait ses courses. Ce n’est pas un marché d’artisanat monté pour les visiteurs : c’est l’approvisionnement quotidien de la ville.
C’est précisément pour cela qu’il fonctionne si bien comme visite. En une heure, on comprend ce que l’on mange ici, ce que produisent les vallées alentour et comment les gens se côtoient.
Ce guide explique son organisation, ce qui vaut la peine d’être goûté et à quelle heure venir.
Un marché qui est la ville en miniature
Le bâtiment date du début du XXe siècle et sa structure métallique est attribuée à l’école de Gustave Eiffel, chose peu commune dans l’architecture cusquénienne.
À l’intérieur, la distribution n’a rien de fortuit : chaque zone regroupe un type de produit, et cette organisation tient depuis des décennies.
Les étals sont le plus souvent des affaires familiales transmises de mère en fille, et beaucoup de vendeuses y ont passé toute leur vie professionnelle.
C’est aussi un point de rencontre : les habitants du quartier y déjeunent, échangent des nouvelles et font leurs courses en allant travailler.
Ce caractère quotidien fait tout son intérêt, et impose d’y être un visiteur discret plutôt qu’un touriste envahissant.

Que manger et que goûter
La zone des jus est la plus célèbre : des dizaines de stands pressent les fruits à la minute et proposent des mélanges que l’on voit rarement hors du Pérou.
Aux stands de nourriture, on déjeune du caldo de gallina, un bouillon consistant que l’on prend ici au petit matin et qui aide contre le mal d’altitude.
À midi, des menus complets à très bas prix : soupe, plat et boisson, servis au comptoir.
Le secteur du pain rassemble des variétés locales comme le pan chuta ou le pain à trois pointes, difficiles à trouver ailleurs.
Et le rayon des fruits révèle des espèces andines et amazoniennes à goûter : chirimoya, lucuma, grenadille, aguaymanto ou tumbo.
Mangez là où mangent les habitants, à des stands qui tournent beaucoup : c’est la règle la plus fiable sur n’importe quel marché.

Que rapporter et comment s’y prendre
Au-delà de l’alimentaire, une zone de textiles et de souvenirs pratique des prix plus bas que les boutiques du centre, pour une qualité inégale.
Les plantes médicinales ont leur propre allée, avec des vendeuses qui expliquent l’usage de chacune : c’est l’une des parties les plus intéressantes du marché.
Le chocolat, le café de Quillabamba et le maïs géant de la Vallée sacrée sont de bons achats à rapporter.
On marchande modérément sur l’artisanat, mais pas sur l’alimentaire : là, les prix sont les prix.
Venez tôt le matin, entre sept et dix heures, quand le marché tourne à plein et n’est pas encore envahi par les groupes.
Prévoyez des espèces en petites coupures, surveillez vos affaires comme sur tout marché fréquenté et demandez avant de photographier les vendeuses.
